Roar IbichiNatsuriHokitortureneurotoxine

Ce que je lui ai coûté

La première séance avec Sensei Roar s'était bien passée. C'était mon choix, ma demande. Je voulais tester mes limites, savoir jusqu'où je pouvais absorber avant de lâcher. Natsuri n'avait pas aimé l'apprendre après coup. Elle avait eu peur. Elle avait eu mal à l'idée. Alors pour la deuxième séance, elle m'a demandé d'être là. Je lui ai dit oui.

Cette fois Sensei Roar est allée trop loin. Les bras déchiquetés, plus de vingt-trois morsures, une neurotoxine injectée quelque part au milieu de tout ça. Je n'ai pas de souvenir très précis de l'ordre des choses. Mon corps a absorbé. Ce qu'il n'a pas absorbé, le poison s'en est chargé. Natsuri regardait. Elle ne pouvait rien faire. Elle était là pour surveiller, pas pour intervenir contre Sensei Roar. Je ne sais pas ce que c'est de regarder quelqu'un se faire détruire sans pouvoir bouger. Elle, elle sait maintenant.

Elle a recousu mes bras après. Elle a fait ce qu'elle pouvait, et elle peut beaucoup. Mais la neurotoxine gagnait, et ça, elle ne savait pas comment l'arrêter. Alors elle m'a emmené au clan Hoki. Ren Hoki et Ken Fuu m'ont pris en charge. Ils se préparaient à couper mon bras si l'antidote n'arrivait pas à temps. Natsuri est repartie trouver Sensei Roar pour obtenir un échantillon du poison. Les Hoki fabriquent ce poison eux-mêmes. Ils avaient l'antidote sous la main.

Je suis sorti de là sans séquelle. Natsuri non.

Je lui ai dit que je ne referais plus ça. Pas parce que j'ai peur de la prochaine séance. Parce que j'ai compris quelque chose en la regardant ce jour-là : à cause de moi, elle a souffert plus que moi. Et moi j'étais la cible. Cette équation ne fonctionne pas. Je ne sais pas bien ce que je ressens face à ça, mais je sais que je ne veux pas qu'elle paye le prix de ce que je décide de faire à mon propre corps.