Deux araignées au bord de l'eau
Saburo et moi nous sommes retrouvés à l'écart, loin assez pour parler sans risque. La cascade couvrait nos voix mieux que n'importe quelle technique. Ce genre d'endroit, j'apprécie. Pas besoin de chuchoter quand le bruit ambiant fait le travail à ta place.
On a échangé sans détour. J'avais des noms à confirmer, il avait des pistes à partager. Haruki Sogen d'abord. Ce gars est dans mon escouade sentinelle depuis un moment et quelque chose ne colle pas avec lui. Trop distant. Toujours vague. Présence forcée à la réunion des sans-clans, alors qu'il n'avait rien à y faire. Quand j'en ai parlé à Wakotaro, il a souri. Pas un mot. Juste un sourire. Ca suffit à me confirmer ce que je soupçonnais.
La Brise des Sables. Saburo l'a vue au village, démasquée, cinq minutes avant la cérémonie du vent. Elle n'était pas dans les rangs. Pour quelqu'un qui cherche à s'intégrer aux Rohan, c'est une absence notable. Et d'après ce qu'on a pu recouper, elle entretient des liens avec un Nara de Konoha, Toshinori Nara, fils de l'Hokage. Il l'aiderait à circuler librement, à rentrer au Pays du Feu. Elle aurait dit elle-même qu'elle ne se sentait pas à sa place ici. Je note. Ca peut servir.
Côté Konoha, la situation n'est pas brillante non plus. Les clans ne respectent plus leurs hauts gradés. Haruma Senju est en disgrâce depuis qu'un Ara s'est arraché le bras pour forcer une reconnaissance que Senju refusait d'accorder. La rue ne lui pardonne pas. L'Hokage se fait marcher dessus depuis un moment selon certaines sources. Les Hyuga en ont assez. Une majorité silencieuse commence à se faire entendre. Ca brasse, et ca n'a pas fini de brasser.
Mon informant a fait du bon travail cette semaine. Je lui avais demandé d'assister au jugement de Kazemaru et de tout noter. Il l'a fait avec une précision que je n'attendais pas. Ce guénine-là mérite mieux qu'un examen raté. Je vais voir ce que je peux arranger avec Wakotaro.