La brise et le scorpion
La famille Saketsu nous a reçus. Keiro, gérant de la Gaikō et membre du Conseil du Vent. Kiyoshiro, qu'on m'avait présenté comme son parent. Et Deizo, arrivé en retard, avec un scorpion sur lui et ce silence pesant des gens qui observent depuis longtemps avant de parler. La réunion était courtoise, maîtrisée. Deux familles qui se jaugent à travers des mots choisis. Les Saketsu existent depuis la création du village. Ils ne cherchent pas la gloire, ils travaillent à l'équilibre. J'ai noté la nuance. Ce ne sont pas les mêmes mots.
Deizo a pris la parole sur l'histoire de sa famille : le désert avant le village, les insectes venimeux, la survie par adaptation. Leurs veines noircissent avec le temps, leur chair devient légèrement résistante aux poisons. Un rituel d'injection passé de génération en génération. Il parlait lentement, pas par hésitation, par habitude. L'adaptation a laissé une trace dans son élocution aussi. C'était intéressant. Pas dans le sens poli du terme.
Keiro a évoqué la possibilité d'un sommet des familles éminentes du monde shinobi. Il connaît le chef de la famille Tori, à Konoha. Les tensions actuelles l'empêchent d'avancer, mais il attend. J'ai mentionné les trois noms que j'avais notés de mon côté : Kurobane, Tori, Kazura. Confirmation. Nous cherchions les mêmes portes.
Deizo a mentionné "la brise des sables" avant de partir. J'ai entendu les mots sans saisir l'intention. Ce n'est qu'en rentrant, en repensant à sa façon de nous regarder pendant qu'on répondait à ses questions sur l'obéissance aux ordres injustes, que j'ai compris ce qu'il cherchait à savoir. Il testait notre position sur le Kazekage. La brise des sables, c'est Yura Sabaku. Elle ne porte plus son nom, plus sa jarre. Elle est maintenant une brise du clan Rohan, sans visage, sans identité. Shinra Sabaku lui a retiré la sienne après que sa disgrâce a été levée mais jamais oubliée. Kiyoza Sabaku lui en veut. Je comprends pourquoi, mais je ne valide pas la réaction.
J'ai tout dit à ma famille ce soir. Naoya, Kaito, Meizen. La parole de chacun a été demandée avant que je ne parle. Deizo Saketsu ne nous a pas proposé d'alliance. Il nous a simplement observés pour savoir si nous en méritions une. Je ne sais pas encore ce qu'il a conclu. Mais j'ai refusé de répondre à une question qu'il n'a pas posée. C'est souvent la meilleure réponse.