MurasakiotagenégociationrebellesPochi HokiMeizen

Le prix d'une dignité

Meizen et moi avions décidé de faire une halte à Murasaki. Rien d'officiel. Un verre, un peu d'air. On est entrés dans le premier bar venu et le piège s'est refermé avant qu'on comprenne ce qui se passait. Des hommes en tunique rouge. L'armée révolutionnaire du désert. Leur chef s'appelle Kakuzo. Il avait une histoire à raconter, une fille morte à cause d'un clan de Suna, et une haine distillée depuis cinq ans qui cherchait un endroit où se poser.

Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'avait pas tort sur le fond. Pas sur les méthodes. Sur le fond. Les sans-clans font quatre fois plus d'efforts pour la moitié de la reconnaissance. Il l'a dit, je l'ai confirmé, et pendant un moment on a eu une vraie conversation au lieu d'une exécution. J'ai donné nos noms. Famille, pas clan. Chunin tous les deux. Rien qui mérite une mort symbolique. Mais j'ai surtout caché ce que je savais : Pochi Hoki était là, quelque part dans la salle, à nous observer depuis le début. Membre d'un clan. Ce que ces gens-là voulaient exactement. Ils le lui ont demandé, si quelqu'un parmi nous était d'un clan. J'ai dit non.

C'était Sorai qui a tout déclenché. Son plan, les Génins qu'il a mobilisés pour couvrir la fuite. J'ai couru. J'ai contacté Naoya sur les dunes, puis Sensei Mugen pour les renforts. Le combat s'est engagé dehors pendant que Pochi Hoki se faisait capturer à l'intérieur. Je suis revenu. J'ai proposé l'échange - moi à sa place, lui libre. Kakuzo n'a pas mordu. C'est Wakotaro Ibichi qui a fini par trouver les bons mots : la promesse d'une justice pour sa fille, un tribunal d'exception, table rase. Pas grand-chose de concret. Assez pour qu'un homme qui souffre depuis cinq ans lâche la lame.

On aurait pu partir plus tôt. Il suffisait de dire le nom de Pochi Hoki. Clan identifié, les rebelles avaient ce qu'ils voulaient, Meizen et moi on rentrait au village. Cette option a existé. On ne l'a pas prise. Je ne sais pas exactement pourquoi Meizen ne l'a pas prise. Pour moi c'était simple : trahir un ninja de Suna pour sauver sa peau, ça ne se fait pas. Pas parce que c'est interdit. Parce que ça ne se fait pas.

Tout le monde est rentré. Quelques rebelles capturés. Kakuzo relâché sur parole d'une justice qu'on devra tenir ou pas. La session de Génins a continué comme si rien ne s'était passé. Le village ne s'est pas arrêté. Ça aussi ça dit quelque chose.