Kagetsu HanascientifiqueFuinjutsucerveauSaimeiprojet de recherche

Le cerveau comme terrain

La journée avait été longue pour lui aussi. Je le voyais. Mais il a quand même pris le temps de m'écouter jusqu'au bout, et ça compte.

Il faisait le tour des stagiaires pour savoir ce qu'on avait concrètement à apporter à la section. Mon tour. J'avais préparé une version édulcorée, sans Fuinjutsu, au cas où. Je l'ai mis de côté. On était seuls dans la pièce. Autant parler franchement.

Mon projet est simple dans sa forme, complexe dans son exécution. La famille Chiiketsu maîtrise le Fuinjutsu. Moi, je veux l'appliquer au cerveau humain. Pas aux sceaux, pas aux parchemins, au cerveau. La première étape : couper ou filtrer les signaux avant qu'ils arrivent à destination. Bloquer la douleur en est l'exemple le plus évident pour un combattant. La deuxième étape : créer des signaux. Mimer l'information, l'implanter. Une douleur insupportable transformée en chaleur douce. Une histoire entière gravée dans un esprit, faite de terreur et de violence. Quelqu'un qui repart brisé sans qu'on ait posé un doigt sur lui.

Kagetsu a compris avant que j'aie fini. Il a complété mes phrases. C'est le signe que l'idée tient.

J'ai aussi précisé ma position dans la section. Je ne veux pas être son second. Je ne veux pas gérer la scientifique. Je veux faire le lien entre les deux sections, médicale et scientifique, à travers la Saimei. Je suis actuellement le seul membre du corps médical militaire à y être inscrit. C'est une position unique. Je compte en faire quelque chose d'utile.

Il a dit que c'était bien plus clair que le mois dernier. Que j'avais mûri mes idées. Je lui ai répondu que j'avais écouté ses conseils. C'est vrai, et ce n'est pas une flatterie. Quand quelqu'un dit quelque chose de juste, on écoute.