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L'araignée

Je suis allé voir Wakotaro Ibichi seul. Pas avec Kentaro, pas avec qui que ce soit d'autre. C'était une décision réfléchie.

J'avais d'abord voulu solliciter le Kazekage directement. J'avais demandé une entrevue. Avec le temps, j'ai compris que c'était une erreur de trajectoire. Le Kazekage n'a pas à se préoccuper de ce que je veux lui proposer, pas à ce stade. Ce sont les gens autour de lui qui comptent. Wakotaro, Kenjuro. Ce sont eux les bonnes portes.

J'ai été honnête avec lui. Je lui ai dit que Kentaro me semblait fiable sur le papier mais opportuniste en pratique. Je lui ai dit que je voulais continuer à porter l'héritage d'Azami, que je n'avais pas abandonné cette direction malgré la chute du groupe. Il m'a demandé pourquoi il devrait me faire confiance. J'ai répondu ce que je pensais : je n'ai jamais vacillé sur ma détermination depuis le début.

Il a parlé de la faction d'Azami avec une lucidité froide. Selon lui, la plus grande erreur d'Azami a été de vouloir trop de monde. Trente membres. C'est trop, pour un groupe qui doit rester dans l'ombre. On ne choisit pas assez bien. Je l'ai écouté sans l'interrompre, parce qu'il avait raison.

Wakotaro m'a parlé d'un réseau qu'il entretient depuis un ou deux ans. Des ninjas de tous grades, qu'on appelle les araignées. Ils collectent des informations à Suna, surveillent les groupes qui émergent, repèrent les menaces. Ils travaillent pour lui, et par lui pour Kenjuro, et par Kenjuro pour le Kazekage. Une chaîne claire, sans ambiguïté. Il m'a dit qu'il allait faire de moi une araignée, pour l'instant temporairement. J'ai accepté.

Azami est toujours porté disparu. Pas de nouvelles. Je ne sais même pas à partir de quand on déclare un ninja mort au combat. Mais ce soir, pour la première fois depuis longtemps, je ne pensais pas à ça. Je pensais à ce que j'allais construire.