Eso bluffait
Wakotaro Ibichi a capturé Eso. Ses propres enquêtes l'ont mené jusqu'à lui. Il travaille pour Kenjuro, ce qui signifie que Kenjuro avait déjà quelqu'un sur le dossier quand Eso est venu me voir.
Eso mentait. Il n'est pas lié à Kenjuro. Il n'a pas de commanditaire. Quand il a lâché le nom de Kenjuro devant moi, c'était du bluff. Il cherchait une réaction, une confirmation, un levier. Il pensait qu'Azami Katashiwa pouvait être à la tête de quelque chose et il testait le terrain. Il n'avait rien de concret. Juste des suppositions habillées en certitudes.
Ce qui me reste, c'est que j'ai failli lui donner quelque chose. J'avais joué serré lors de notre conversation, mais si j'avais été moins prudent, il aurait pu repartir avec une information réelle. La leçon est là : un homme sans réseau peut quand même être dangereux si on lui parle trop.
Nous avons décidé de le laisser en vie. Ce n'est pas de la clémence. C'est du calcul. Un homme comme Eso, démantelé, humilié, redevable, peut devenir utile. S'il se montre docile avec le temps, il y a quelque chose à en tirer. Un informateur sans attaches et sans scrupules, ça se trouve rarement en bon état.
Pour l'instant il ne vaut rien. Mais les atouts les plus intéressants sont souvent ceux qu'on a laissé mûrir.